Antonin BAUME

ESTIA Promotion 2007 Second Diplôme, Master of Science University of Wolverhampton

Après deux années de prépa PCSI/PSI, pourquoi avoir choisi l'ESTIA ? Qu'est-ce qui t'avait attiré dans cette école à l'époque ?

Après deux années de prépa PCSI/PSI*, je cherchais une école qui me permette de conserver un socle scientifique solide tout en m’ouvrant davantage sur le monde de l’entreprise et l’international. L’ESTIA avait à l’époque un positionnement assez singulier : une formation d’ingénieur trilingue, dans le Sud de la France, et surtout la possibilité d’obtenir un double diplôme avec une université européenne. C’est ce qui a vraiment fait la différence pour moi. J’ai ainsi pu suivre le cursus avec l’University of Wolverhampton et obtenir les deux diplômes en 2007.

 Tu venais d'une formation scientifique exigeante. Qu'est-ce qui a le plus changé pour toi en arrivant à l'ESTIA, dans ta manière d'apprendre et de travailler ?

La prépa m’avait appris la rigueur, la capacité de travail et le raisonnement scientifique. À l’ESTIA, j’ai découvert une autre dimension : travailler en équipe, mener des projets et transformer des connaissances théoriques en solutions concrètes. On ne cherchait plus seulement à résoudre un problème parfaitement défini, mais aussi à comprendre le besoin, faire des choix, confronter des idées et trouver collectivement une solution (voire une innovation). Avec le recul, ce changement de posture a été déterminant. C’est finalement assez proche de ce que l’on attend quotidiennement d’un ingénieur dans l’entreprise et que je continue d’appliquer aujourd’hui dans mes activités.

 Tu te souviens d'un projet, d'une expérience ou d'une rencontre à l'ESTIA qui t'a particulièrement marqué et qui t'a donné le sentiment de devenir ingénieur ?

Plus qu’un projet en particulier, c’est probablement la confrontation progressive à des problématiques concrètes et au monde industriel qui m’a donné ce sentiment. La prépa nous apprend beaucoup à chercher la bonne réponse. À l’école d’ingénieurs, j’ai découvert qu’il fallait souvent construire une bonne réponse parmi plusieurs possibles, avec des contraintes techniques, économiques, humaines ou de délai. Les projets collectifs, puis les expériences en entreprise, m’ont fait comprendre que devenir ingénieur, ce n’était pas seulement maîtriser des sciences, mais surtout savoir les utiliser pour résoudre concrètement un problème.

Ton parcours t'a conduit dans différents secteurs industriels et à l'international. Avec le recul, qu'est-ce que ta formation à l'ESTIA t'a apporté pour évoluer dans des environnements aussi différents ?

Je dirais principalement l’adaptabilité et l’ouverture. Une carrière d’ingénieur peut nous amener à changer de technologie, de métier, de secteur, de pays ou de culture professionnelle. L’ESTIA m’a très tôt exposé à cette diversité, notamment grâce aux langues, à l’international et à une formation assez généraliste. Le double diplôme avec l’University of Wolverhampton a également renforcé cette ouverture. Avec le recul, je pense que la compétence la plus durable n’est pas de tout savoir, mais de savoir apprendre rapidement, comprendre un nouvel environnement et dialoguer avec des profils très différents.

Dans ton métier aujourd'hui, quelle place occupent l'expérimentation, le travail en équipe et la résolution de problèmes concrets ? Tu aurais un exemple à nous donner ?

Ils sont au cœur de mon métier. Je travaille aujourd’hui dans l’innovation chez TotalEnergies, où nous partons très souvent d’un problème concret rencontré sur un site industriel. Notre rôle consiste à comprendre le besoin avec les équipes opérationnelles, identifier des solutions ou technologies pertinentes, les tester, mesurer les résultats puis, si elles démontrent leur valeur, préparer leur déploiement à plus grande échelle. Cela peut concerner par exemple la robotique, les drones, l’intelligence artificielle ou de nouveaux types de capteurs. C’est finalement une démarche très proche de celle de l’ingénieur : observer, expérimenter, apprendre et améliorer.

On imagine souvent qu'en choisissant une école d'ingénieurs, on choisit déjà son futur métier. Ton parcours semble montrer le contraire. Comment ta vision du métier d'ingénieur a-t-elle évolué depuis ta sortie de l'ESTIA ?

En sortant de prépa, puis de l’ESTIA, j’avais probablement une vision assez classique de l’ingénieur, centrée sur l’expertise technique. Près de vingt ans plus tard, ma vision est beaucoup plus large. J’ai compris qu’un ingénieur peut évoluer vers de nombreux domaines et que son principal atout est surtout sa manière d’aborder les problèmes. Aujourd’hui, je travaille dans l’innovation et la gestion de portefeuille, assez loin de ce que j’aurais pu imaginer étudiant. Pourtant, je retrouve toujours la même logique : comprendre un problème complexe, le structurer, réunir les bonnes compétences et transformer une idée en solution concrète.

Si tu avais un conseil à donner aux étudiants actuellement en prépa, qui s'apprêtent à choisir leur école d'ingénieurs, quel serait-il ?

Je leur conseillerais de ne pas choisir uniquement une école pour le métier qu’ils pensent vouloir exercer à 20 ans. Une carrière dure (au moins) quarante ans et elle réserve beaucoup de surprises ! Regardez plutôt ce qui vous permettra de conserver le plus de portes ouvertes : la qualité de la formation, bien sûr, mais également les langues, l’international, les doubles diplômes, les projets et les liens avec les entreprises. Et surtout, choisissez un environnement dans lequel vous aurez envie d’apprendre et de vous investir. La prépa vous donne une formidable boîte à outils ; l’école doit vous apprendre à vous en servir et à l’ouvrir sur le monde.

La prépa m’a donné les fondamentaux, l’ESTIA m’a appris à les utiliser dans un environnement international et concret, et cette combinaison m’accompagne encore près de vingt ans plus tard.